La transition numérique désigne le passage vers une économie où le digital intervient dans la quasi-totalité des processus : automatisation, data, cybersécurité, intelligence artificielle. Elle touche tous les métiers, des fonctions support à la production. Selon France Stratégie (2022), 85% des emplois de 2030 n’existaient pas ou étaient très différents il y a vingt ans.
La transition écologique, quant à elle, concerne l’adaptation des modes de production et de consommation pour répondre aux enjeux climatiques et à la raréfaction des ressources. Elle génère de nouveaux métiers dans les énergies renouvelables, la construction verte, l’économie circulaire, la mobilité durable.
Les deux transitions s’entrecroisent souvent : par exemple, le pilotage numérique de réseaux énergétiques ou le développement d’applications pour la gestion durable des ressources.
Plusieurs secteurs sont au cœur de ce mouvement :
D’après l’enquête “Emplois et compétences du numérique” (Dares, 2023), environ 230 000 postes devraient être créés dans le secteur numérique d’ici 2030. Voici une liste non exhaustive des profils les plus recherchés :
Les salaires d’entrée sur ces métiers sont variables mais généralement attractifs : entre 32 000€ et 45 000€ annuels pour les profils débutants, souvent au-delà avec l’expérience ou la spécialisation (source : Apec).
Selon l’Ademe, les éco-activités et l’économie verte représentaient déjà 1,36 million d’emplois en France en 2021, avec une dynamique de croissance constante.
Les niveaux de rémunération varient selon le secteur et la spécialisation, mais souvent entre 30 000 et 40 000€ pour un premier poste, avec de fortes évolutions sur les profils d’ingénieur ou de consultant expérimenté.
Ces métiers requièrent des compétences techniques précises, mais aussi une forte culture générale de la transition et la capacité à travailler en mode projet ou transversal. Les compétences comportementales (soft skills) gagnent en importance : capacité d’adaptation, agilité, pédagogie, collaboration interdisciplinaire.
Les formations initiales s’adaptent (création de masters spécialisés, de bachelors “green tech”, multiplication des cursus hybrides sciences et numérique), mais la formation continue s’avère cruciale pour permettre à la main-d’œuvre en poste de s’ajuster à la demande : 57% des entreprises interrogées par France Stratégie jugent le manque de compétences sur ces métiers comme le principal frein au recrutement.
Les recrutements sur ces métiers sont en tension, c’est-à-dire avec une demande supérieure à l’offre de candidats. Les profils juniors ou atypiques (reconversion, autodidactes, formation continue) sont de plus en plus intégrés dans les processus de recrutement, notamment via l’alternance et les parcours certifiants.
| Secteur | Métier | Tension | Origines principales du manque de candidats |
|---|---|---|---|
| Numérique | Data Scientist / Analyst | Élevée | Pénurie de profils diplômés, inadéquation formation/compétence terrain |
| Numérique | Cybersécurité | Très élevée | Manque d’experts, complexité technique, attractivité internationale |
| Énergie | Technicien ENR (éolien, PV) | Moyenne à élevée | Manque de formations locales, contraintes physiques |
| Bâtiment | Ingénieur efficacité énergétique | Élevée | Évolution rapide des normes et technologies |
| Conseil / accompagnement | Consultant transition / Analyste carbone | Moyenne | Besoin de double compétence technique et soft skills |
Le marché du travail s’oriente vers des profils hybrides, capables de naviguer entre disciplines et d’intégrer la dimension digitale et environnementale de façon transversale. Les possibilités de mobilité, géographique comme sectorielle, s’élargissent, même si les transitions professionnelles demeurent exigeantes en matière de formation et d’accompagnement.
La demande pour ces métiers continuera de croître dans les années à venir. Des obstacles subsistent, notamment le manque de candidats formés, les écarts de salaires potentiels selon les territoires ou secteurs, et la rapidité de l’évolution des besoins. Face à ces défis, l’agilité des entreprises, la capacité d’adaptation des salariés et l’investissement public dans la formation sont décisifs.
La transition numérique et écologique, loin d’être une simple tendance, redéfinit durablement la structure même des emplois en France. Comprendre les métiers émergents, leurs exigences et leur évolution permet d’orienter lucidement son parcours, de saisir les nouvelles opportunités et de participer de façon active à la transformation en cours.
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