Dans le contexte du marché de l’emploi, un métier en tension se définit par une difficulté persistante à pourvoir les postes, soit faute de candidats en nombre suffisant, soit par inadéquation des compétences. Les métiers du numérique illustrent ce phénomène, car ils sont soumis à l’accélération rapide des besoins (transformation digitale, cybersécurité accrue, essor de la data et du cloud), alors même que la formation et l’expérience sur le terrain suivent difficilement la cadence.
Le ministère du Travail et des institutions comme France Compétences ou Pôle emploi publient régulièrement des listes de métiers en tension, appuyées par des enquêtes auprès des recruteurs et des données issues des offres d’emploi.
Le numérique représente près de 800 000 emplois directs en France selon Numeum (syndicat des entreprises du numérique, ex-Syntec Numérique). Ce chiffre a doublé en vingt ans, mais la création d’emplois ne s’accompagne pas toujours d’une adaptation suffisante de l’offre de profils qualifiés.
Les développeurs informatiques concentrent aujourd’hui le cœur de la pénurie. Les langages, frameworks et environnements de développement les plus recherchés sont JavaScript, Java, Python, .NET, ainsi que les compétences en développement web et mobile.
Les difficultés de recrutement s’expliquent par la concurrence entre les ESN (Entreprises de Services du Numérique), les start-up, les grandes entreprises et le secteur public, mais aussi par un déficit de formation continue adaptée aux évolutions technologiques.
La demande en experts cybersécurité a explosé, notamment sous la pression de la recrudescence des attaques contre les organisations publiques et privées. Auditor sécurité, pentesters, analystes SOC (Security Operations Center), RSSI (Responsable de la sécurité des systèmes d’information) sont massivement recherchés.
| Métier | Taux de tension | Nombre d’offres (2023) |
|---|---|---|
| Analyste sécurité | 70 % | 1 500 |
| Pentester | 65 % | 700 |
| RSSI | 60 % | 450 |
Les formations spécialisées restent récentes, et le secteur peine à attirer des profils féminins ou issus de reconversion, accentuant la tension.
Data scientists, data engineers, data analysts et spécialistes cloud (cloud architects, DevOps, administrateurs systèmes cloud) figurent en tête des besoins difficiles à satisfaire.
Les écoles et universités françaises accélèrent le rythme sur ces filières, mais un écart persiste avec la demande réelle du marché.
L’essor de l’IA génère des besoins à grande échelle, des startups aux grandes entreprises, tant en recherche qu’en développement et en implémentation. Les recrutements se concentrent sur des profils à double compétence (mathématiques/statistiques et développement logiciel).
La tension est accrue par la concurrence internationale et l’attrait du marché américain pour les talents français.
L’évolution du secteur numérique crée aussi une demande forte sur les métiers d’accompagnement de la transformation, de gestion de projet et d’optimisation de l’expérience utilisateur.
Le déficit de compétences s’explique par plusieurs facteurs :
L’existence de formations accélérées (bootcamps, écoles du numérique, modules professionnels) contribue à réduire certains « goulots d’étranglement », mais pas sur l’ensemble des compétences recherchées.
| Pour les employeurs | Pour les candidats |
|---|---|
|
|
Les différents observatoires (Numeum, Dares, Pôle emploi) s’accordent sur une tendance à la persistance des tensions pour les prochaines années, même si le contexte économique (ralentissement, incertitudes sur l’IA générative) peut jouer localement sur les embauches.
Ce paysage impose une vigilance permanente, tant pour ceux qui souhaitent intégrer ou évoluer dans un métier numérique, que pour les décideurs en charge de la gestion des ressources humaines. Les tensions sur les métiers du numérique ne sont ni homogènes, ni insurmontables, mais elles structurent durablement le marché de l’emploi français et participent à la redéfinition des parcours professionnels dans les prochaines années.
Sources : Numeum, APEC, Dares, France Stratégie, Pôle emploi, Robert Half, Syntec Numérique, études spécialisées sectorielles.
La France compte aujourd’hui plus de 20 millions d’actifs âgés de 45 ans et plus, et la tranche des 55-64 ans représente désormais près de 17 % de...
La France compte aujourd’hui près de 3 salariés sur 10 âgés de plus de 50 ans dans le secteur privé (source : DARES 2023). Ce chiffre, en augmentation régulière...
La notion de pénurie de main-d’œuvre désigne une situation où le nombre de candidats disponibles ne suffit pas à satisfaire les besoins de recrutement dans certains métiers...
La population active française, c'est-à-dire l’ensemble des personnes en emploi ou à la recherche d’un emploi, vieillit à un rythme soutenu. Selon l’Insee, l’âge moyen des...
La France, comme la plupart des pays européens, voit sa population vieillir à un rythme soutenu. Selon l’Insee, la part des personnes âgées de 65 ans et plus repr...
Le terme « attractivité des employeurs » a pris une place centrale dans le lexique du marché de l’emploi en France. Si la notion semble simple – attirer des candidats et fid...