Les métiers qui déclinent le plus fortement sont ceux qui reposent sur des tâches répétitives, standardisées, ou rendues obsolètes par l’automatisation ou l’évolution des usages. Ce n’est ni une fatalité ni un mouvement homogène, mais le résultat d’un ensemble de facteurs convergents, comme en témoignent les analyses de la Dares (Direction de l’Animation de la recherche, des Études et des Statistiques) et de France Stratégie.
Pour mettre en lumière l’ampleur du phénomène, la Dares observe qu’entre 1982 et 2019, les emplois industriels français sont passés de 5,3 à 2,8 millions, soit près de la moitié évaporés (source : Dares, “Trente ans d’évolutions de l’emploi en France”, 2021). D’autres métiers, moins spectaculaires mais tout aussi marqués, subissent le même sort.
L’identification des métiers “en voie de disparition” s’appuie sur différentes analyses quantitatives et qualitatives. La Dares, France Stratégie (rapport “Les métiers en 2030”, 2022) et le Céreq recensent régulièrement les métiers en déclin sur la base des offres d’emploi, des parcours salariés et des projections de postes supprimés. Voici une synthèse des principaux métiers concernés :
Le phénomène de disparition de métiers n’est pas homogène sur le territoire français. Les bassins d’emploi industriels (Nord, Est, certaines zones du Centre) sont les plus vulnérables, notamment là où la reconversion a été lente ou insuffisamment anticipée.
À l’inverse, certains territoires réussissent leur mutation – en misant sur la formation professionnelle et la montée en compétences, des régions compensent partiellement la disparition de métiers “anciens” par le développement d’activités tertiaires ou technologiques (ex : reconversion textile vers le luxe, industries innovantes ou services informatiques).
Le déclin de certains métiers ne constitue pas un mouvement spontané mais résulte d’arbitrages économiques, technologiques et sociétaux. Pour les personnes concernées, l’enjeu principal est la gestion de carrière et l’anticipation de la reconversion. Plusieurs axes d’analyse et d’actions émergent :
À titre d’exemple, selon la Dares (note “Les métiers en 2030”), près de 85 % des métiers en déclin aujourd'hui requièrent un niveau de qualification inférieur à Bac. Les risques de chômage de longue durée y sont donc accrus, sauf politiques de formation soutenues et bien orientées.
La disparition progressive de certains métiers n’est pas un phénomène nouveau, mais il s’accélère sous l’effet de la convergence de différents facteurs : digitalisation, mondialisation, automatisation, et changement des attentes des consommateurs. Elle oblige l’ensemble des acteurs – salariés, entreprises, institutions – à reconsidérer les parcours professionnels et à privilégier des compétences transférables ou adaptables.
L’analyse du déclin n’a pas pour vocation d’alimenter le fatalisme : elle sert avant tout à cibler les besoins d’accompagnement, d’anticipation et de formation. Elle incite à repenser la logique des filières formation-emploi, à clarifier la communication sur les métiers porteurs et à mieux intégrer la gestion du changement dans la culture professionnelle. La mobilité et l’adaptabilité demeurent plus que jamais au cœur des stratégies d’employabilité, pour éviter que la disparition de certains métiers ne se traduise par l’exclusion durable du marché du travail.
Sources : Dares, France Stratégie, Céreq, INSEE, Rapport Groupe La Poste 2022
À l’horizon 2025, l’emploi en France se réinvente sous l’impact de transformations majeures qui touchent à la structure des métiers, des compétences et des modes d’organisation du travail. Plusieurs dynamiques s’entremêlent et redéfinissent...
En France, le ralentissement économique ne frappe pas tous les secteurs avec la même intensité. Certains domaines montrent une capacité remarquable à créer des emplois ou à stabiliser leurs effectifs. Voici les principales dynamiques à connaître pour comprendre où se...
Le marché du travail français subit actuellement de profondes transformations, guidées par des dynamiques économiques, technologiques et réglementaires. Montée en puissance des secteurs des services, de la santé et du numérique, tandis que l’industrie...
En France, la convergence de la transition numérique et écologique redessine en profondeur le marché du travail, donnant naissance à des métiers nouveaux ou fortement renouvelés. Cette dynamique concerne aussi bien l’industrie que les services, avec des...
Le secteur du numérique a longtemps été considéré comme un moteur essentiel de la création d’emplois en France. En 2024, sa capacité à générer des postes demeure majeure, bien que la dynamique s’oriente et se...